par thomas » 30 Juil 2009, 12:14
En général et particulièrement dans les productions du XXeme siècle, il ne faut pas associer "art" et "esthétique". Même si ces deux notions peuvent cohabiter elles sont à comprendre comme deux idées différentes. L'artiste cherche à faire passer un message. les peintres de la renaissance utilisaient les codes de leur époque, ce qui correspondait au gout commun d'alors. Au XXeme siècle, l'artiste à conscience que son travail s'intègre dans un ensemble beaucoup vaste qui est "l'histoire de l'art". Il cherche donc à inventer un nouveau langage qui lui permet d'exprimer des idées ou des concepts d'une manière différente de ses prédécesseurs.
La peinture monochrome arrive à un moment où les artistes considèrent que tout a déjà été dit, que toutes les recherches d'ordre visuelle ont été explorées. Il faut donc passer à une autre forme de langage pour pouvoir exprimer des idées plus "philosophiques", non palpables, et cela n'est pas possible avec le style figuratif : comment mettre en motif quelque chose comme la recherche de l'Absolu, de la Vérité ou autres pensées d'ordre quasi mystique ? Klein l'exprime dans son bleu, Kandinsky dans les couleurs et les formes lyriques, Rothko dans des strates monochromes…
Lucio Fontana lacère son monochrome orange pour dire qu'il y a quelque chose au-delà de l'art, il faut traverser son visuel pour atteindre se que l'on veux bien chercher ailleurs… La géométrie dépasse le motif, le triangle n'est plus une forme sur la toile mais devient la toile elle-même. Mélusine, même si tu n'aimerais pas accrocher cette toile chez toi il faut bien avouer ici que l'artiste innove et invente encore.
L'art abstrait n'est pas abordable au premier coup d'œil, il faut connaître la démarche de l'artiste pour pouvoir comprendre son travail. Rien n'empêche de préférer Delacroix à Malevitch, il n'y a rien de mal à cela, mais en comprenant l'art du XXeme siècle cela devient "intéressant". Le but de toute œuvre d'art est de nous emmener dans un univers différent, de nous amener à des interrogations, tant pis si les gens ne trouvent pas ça "beau", ce n'est pas le problème de l'auteur.